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City Council Meeting — 2025-05-19

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Page 1 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 CONSEIL COMMUNAL DE BRUXELLES GEMEENTERAAD VAN BRUSSEL Séance publique du lundi 19 mai 2025 Openbare vergadering van maandag 19 mei 2025 Séance publique Openbare zitting En l'absence de M. COURTOIS, Président du Conseil, et en application de l'article 8 bis de la nouvelle loi communale, la séance est présidée par son suppléant, soit M. Mohamed OURIAGHLI. In afwezigheid van dhr. COURTOIS, Voorzitter van de Raad, en in toepassing van het artikel 8 bis van de nieuwe gemeentewet, wordt de zitting voorgezeten door zijn plaatsvervanger, nl. dhr. Mohamed OURIAGHLI. M. le président.- M. COURTOIS, Président du Conseil, s'excuse de ne pouvoir assister à la séance. Dhr. COURTOIS, Voorzitter van de Raad, verontschuldigt zich de zitting niet te kunnen bijwonen. Excusés – Verontschuldigden : Mme El Bakri et M. Al Khayari. M. le président.- Conformément à l’article 89, alinéa 2, de la nouvelle loi communale, et à l’article 78 du règlement d’ordre intérieur, le projet de procès- verbal de la séance du 22 avril a été mis à la disposition des membres du Conseil communal 7 jours francs avant ce jour. Page 2 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Overeenkomstig artikel 89, alinea 2 van de Nieuwe Gemeentewet en artikel 78 van het huishoudelijk reglement, werden de ontwerp-notulen van de zitting van 22/04/2025 ter inzage van de Gemeenteraadsleden gelegd, gedurende de zeven voorbije vrije dagen. Conformément aux dispositions des articles 234 et 236 de la nouvelle loi communale, le Collège a ajouté à l'ordre du jour les points 122 à 124 et 127 à 130 repris au supplément à cet ordre du jour, daté du 15/05/2025. Overeenkomstig de bepalingen van de artikels 234 en 236 van de Nieuwe Gemeentewet, heeft het College de agenda aangevuld met de punten 122 tot 124 en 127 tot 130, vermeld in het bijvoegsel bij de agenda dd. 15/05/2025. Vu l'urgence, le Collège propose d'ajouter à l'ordre du jour les points 111 à 121, 125, 126, 131, 132 et 135 à 147 repris au supplément à cet ordre du jour, daté du 15/05/2025. Gelet op de dringendheid, stelt het College voor om de agenda aan te vullen met de punten 111 tot 121, 125, 126, 131, 132 en 135 tot 147 vermeld in het bijvoegsel bij de agenda dd. 15/05/2025. L'urgence est admise à l'unanimité De dringendheid wordt eenparig aangenomen M. Bauwens.- J’ai une question sur l’ordre du jour. J’ai introduit une question sur la répression policière ou, en tout cas, sur ce qu’il se passe avec les manifestants propalestiniens sur ou devant les marches de la Bourse. Cette question a été refusée, parce qu’il y a un mois, une question d’actualité a été posée sur le même sujet. Or, entre-temps, beaucoup de nouveaux éléments sont apparus, qui permettent de mener un tel débat. Page 3 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 M. le président.- Le bourgmestre propose que nous ouvrions ce débat tout à l’heure. M. Bauwens.- Je vous remercie. M. le président.- Mme Lotte Stoops souhaiterait prendre la parole concernant le ROI. Mevrouw Stoops.- Nu we een half jaar bezig zijn met de Gemeenteraad, deze zitting, vroeg ik wanneer we werk zouden maken om ons intern reglement toch eens wat op te frissen. Zeker nu dat de nieuwe gemeentewet echt voorziet dat we een bemiddelingsrecht zouden kunnen invoeren voor de Brusselaars en dat we deontologische codes en ethische regels zouden kunnen invoegen. Dus de vraag is: kunnen we daar niet opnieuw een werkgroep voor voorzien waar meerderheid en oppositie samen voor het goed bestuur van onze Stad kunnen ijveren? De heer Leonard, stadssecretaris.- Effectief, er is dus een ontwerp in de maak met de assemblées, dus bij ons bij de vergaderingen, dat we nu nog aan het bespreken zijn met de Voorzitter van de Gemeenteraad. De bedoeling is om het voor de zomer toch nog te kunnen bespreken in de werkgroep die effectief ontstaan was bij de vorige legislatuur en die we nu willen verderzetten en die ook die elementen integreren van de nieuwe gemeentewet die veranderd zijn ongeveer één jaar geleden, in februari 2024. Dus het ontwerp is in de maak, is klaar, maar we gaan dat finaliseren met de Voorzitter van de Gemeenteraad, en dan in principe de werkgroep terug samenroepen met de fractieleiders. M. Maimouni.- J’ai déposé une motion la semaine dernière demandant tout simplement que la Ville de Bruxelles puisse se prononcer sur l’arrestation de Page 4 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Benjamin Netanyahou et Yoav Gallant. À ma grande surprise, j’ai reçu un mail ce midi que j’ai contesté, me disant que cette motion avait été retirée. Je ne comprends pas ce retrait qui a été justifié par le fait que la Ville de Bruxelles ne serait pas compétente en la matière. Mais si elle ne l’est pas en l’espèce, elle ne l’est pas non plus, de facto, dans les dossiers des Ouïghours, du Rwanda ou de l’Ukraine. Je vous demande, Monsieur le Bourgmestre, pourquoi avez-vous refusé ma motion ? Monsieur le Bourgmestre, pas plus tard que vendredi, vos confrères du Parti socialiste à la Région ont déposé exactement le même texte, soutenu par la Team Fouad Ahidar. Nous avons toute légitimité pour ouvrir un débat sur le sujet. M. le bourgmestre.- Je veux bien répondre à une question, Monsieur Maimouni, mais reconnaissez que l’application des décisions de la Cour pénale internationale n’est pas vraiment une matière qui relève de la Ville de Bruxelles. Si vous me demandez mon avis, oui, il faut poursuivre M. Netanyahou, pas de problème. En 2029, faites-vous élire au Parlement fédéral, et vous pourrez y poser toutes les questions, mais ici, c’est le Conseil communal de la Ville de Bruxelles. Cette affaire n’a rien à voir avec nous. Cette motion est juste irrecevable. Si vous voulez faire votre show en prétendant qu’on protège le Premier ministre israélien, libre à vous. On dit juste qu’au regard de notre ROI, cette motion est irrecevable parce qu’elle ne relève pas du tout des matières qui concernent la Ville de Bruxelles. Pour le reste, mon parti adopte une position très claire. Le vôtre aussi, peut-être. Je ne sais pas quel est votre parti, d’ailleurs. Page 5 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 M. Maimouni.- C’est la Team Fouad Ahidar, qui a remporté les élections avec 10 % des suffrages lors des dernières élections. Voilà le parti que je représente. Je vous dirai tout simplement, Monsieur le Bourgmestre, que cette question a plus que jamais sa place au sein de notre Conseil communal, d’autant plus quand on voit les positions que vous adoptez face aux manifestants propalestiniennes. Je ne comprends pas. Subitement, la cause palestinienne a disparu, en même temps que les élections. Ou, tout simplement, j’ai l’impression qu’après votre accord de majorité avec le MR, vous êtes tenu en laisse par M. Bouchez, ou que vous avez simplement perdu tout courage, Monsieur le Bourgmestre. Et concernant mes vidéos, si j’avais voulu faire le buzz, j’aurais tout simplement utilisé vos déclarations pour en faire un bêtisier. Communications relatives aux associations subventionnées Mededelingen betreffende de verenigingen die toelagen ontvangen M. le président.- J’invite les membres du Conseil communal à prendre connaissance au secrétariat des assemblées des comptes, rapports financiers et de gestion des associations suivantes :

  1. Je tiens encore à remercier cette cellule pour son engagement et son travail assidu. Page 85 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Sa stratégie repose d'abord sur la sensibilisation et la conciliation : expliquer la réglementation, proposer des solutions et donner le temps aux exploitants de se mettre en ordre. Cette approche à l'amiable permet de régulariser rapidement une situation et de remettre un bien sur le marché résidentiel. Lorsque cette voie n'aboutit pas, en particulier avec les opérateurs récalcitrants ou professionnels, une phase plus coercitive et juridique est engagée : procès- verbaux, poursuites administratives et, en dernier recours, apposition de scellés. Cette dernière mesure, bien que spectaculaire, est longue et énergivore, et ne garantit pas un retour immédiat du bien sur le marché. Elle est donc réservée aux cas les plus problématiques. Notre posture reste néanmoins claire : protéger le droit au logement et lutter contre la transformation de notre Ville en vitrine touristique au détriment de ses habitants. Nous n'hésitons donc pas à nous montrer fermes face aux opérateurs récalcitrants. M. Cellou Diallo.- Je ne peux que remercier Mme Maes et toute son équipe. Je l’encourage à continuer sur sa lancée. Question d'actualité de Mme MAOUANE relative aux instructions données à la police, son cadre d’intervention et les garanties mises en place pour le respect de la liberté d’expression et de manifestation pendant des missions comme la Brussels Pride ou des marches de collectifs propalestiniens Question jointe de M. BAUWENS Mme Maouane.- Ce samedi 17 mai avait lieu la Belgium Pride. Le même jour, comme chaque soir, un rassemblement se tenait à la Bourse pour dénoncer le Page 86 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 génocide en cours à Gaza. Lors de la Pride, il y a eu des débordements policiers. Ce que certaines personnes vont retenir de cette journée, ce sont surtout les fourgons, les charges, les gaz lacrymogènes, les arrestations et la peur. Dans la foule, ce soir-là, il y avait des réfugiés, des enfants, des familles, des personnes LGBTQIA+. Ces personnes chantaient, brandissaient des pancartes comme « Queers for Palestine ». Ils demandaient justice pour la Palestine, et la réponse de la Ville, malheureusement, ce fut la matraque. Je ne saurais pas dire aujourd'hui, Monsieur le Bourgmestre, s'il s'agit d'un dérapage, parce que, depuis des semaines, c'est le même scénario. Chaque soir, à la Bourse, il y a des manifestations propalestiniennes ou, plutôt, des manifestations qui défendent le droit international et qui dénoncent un génocide en cours. Ces manifestants et manifestantes sont encerclés, intimidés, arrêtés, parfois au mépris total du droit. Monsieur le Bourgmestre, je vous ai déjà interpellé, lors du dernier Conseil communal, sur la technique de la nasse, qui est illégale. Elle a été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme, contestée par les juristes, par les syndicats et par les associations. Et ce ne sont pas seulement la Ville de Bruxelles et l'État belge qui ont été condamnés. Vous aussi, vous avez été condamné. Pourtant, vous assumez cette technique qui continue d’être utilisée. C’est grave, Monsieur Close, parce que ce que vous défendez ici, ce n'est plus le maintien de l'ordre, mais la criminalisation d'une cause politique. C'est une rupture avec l'État de droit. Et pendant ce temps, votre président de parti, M. Magnette, parle de génocide, de famine, de blocus. Il dit exactement ce qu'on dit depuis des semaines et pendant que lui, au Parlement, dénonce les faits, vous, ici, vous réprimez. Ce deux poids deux mesures, Monsieur le Bourgmestre, est insoutenable. Quand des groupes d'extrême droite défilent à Bruxelles, ils sont encadrés par la police. Page 87 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Mais ici, des mères de Gaza qui chantent pour la vie sont prises dans des nasses. Quand on dénonce le pinkwashing, on est arrêté. Quand un réfugié ou un militant LBGTQIA+ brandit un drapeau, il est plaqué au sol et menotté. J'ai entendu des justifications dans les médias, et c'est sur cela que je vous interroge ce soir. Je ne vois pas d'arrêté d'interdiction de manifestation qui ait été notifié. Je ne vois pas de preuve de dégradation à la Bourse. Je ne vois pas de base légale pour empêcher ces rassemblements et, même, pour empêcher l'accès aux escaliers de la Bourse. C'est du jamais vu. J'ai l'impression qu'il y a une instrumentalisation de la loi pour faire taire une mobilisation politique. Monsieur le Bourgmestre, en tant que démocrate, je considère cela comme inacceptable. Je vais vous livrer deux témoignages parmi beaucoup d'autres. D’abord, celui de Santiago, à propos du 17 mai lors de la Pride : « Je tenais un drapeau palestinien que je venais d'emprunter à un ami, car je n'avais rien sur moi, que j'agitais dans une main. J'avais encore des paillettes et de la peinture sur mon visage. Je me retourne et je vois quatre ou cinq policiers anti-émeute à moins d'un mètre de moi. J'essaie de me décaler et je me prends des coups avec un bouclier. Son collègue me frappe avec son bouclier et me prend en sandwich. Un troisième, puis un quatrième policier me foncent dessus et me matraquent plusieurs fois dans les jambes, en me hurlant : « Bouge ! Dégage ! » Ensuite, le témoignage de Charlotte, qui était avec sa fille de 6 ans dans la foule et qui vient régulièrement le soir à la Bourse : « J'ai immensément peur de la police et ce n'est pas normal en tant que citoyenne. » Monsieur le Bourgmestre, sur quelle base légale vos agents ont-ils procédé aux arrestations samedi soir et à d'autres reprises ? Page 88 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Qui a reçu noir sur blanc une interdiction de manifester, puisque, visiblement, vous invoquez une telle interdiction ? Est-ce que vous allez continuer à utiliser la technique de la nasse, qui a été interdite et pour laquelle vous avez été condamné ? Sur quelle base légale l'accès aux escaliers de la Bourse est-il interdit ? Surtout, Monsieur le Bourgmestre, après avoir voté une motion « Bruxelles, ville antifasciste », allez-vous garantir que Bruxelles reste une ville où l’on peut manifester librement pour les droits humains sans devenir une cible policière ? M. Bauwens.- Monsieur le Bourgmestre, depuis des mois, chaque soir, des citoyens et des citoyennes se réunissent devant la Bourse de Bruxelles pour exiger la fin du génocide en cours à Gaza, une cause qu'on soutient tous ici, ou presque tous. Ces mobilisations s'inscrivent dans le cadre fondamental de notre démocratie : droit d'expression, droit de manifester, droit de se rassembler. Or, depuis plusieurs semaines, les témoignages se multiplient et ce qu'ils décrivent est fort inquiétant : usage de gaz lacrymogène, technique de la nasse, fouilles sans raison apparente, arrestations arbitraires, violences physiques, et jusqu'à des manifestants traînés violemment hors des marches et parfois étranglés, comme l'attestent des images diffusées sur les réseaux sociaux. Des personnes témoignent du fait que des gens sont traînés et poussés en bas des escaliers, fouillés, arrêtés sans raison claire. D'autres expliquent que certains se voient interdire, après leur libération, de participer à de futures manifestations, ce qui est, à mon avis, une atteinte grave aux droits Page 89 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 démocratiques. Une manifestante m'a confié : « Souvent, ce sont les mêmes personnes qui sont arrêtées, de jeunes Palestiniens qui vont mal psychologiquement à cause de tous les proches qu'ils ont perdus pendant la guerre de Gaza, qui s'inquiètent en permanence pour leurs familles sous les bombes, qui craignent de voir leurs petits frères et sœurs mourir de faim. Ces arrestations et violences ne font qu'ajouter de nouveaux traumatismes. » Des paroles pareilles, Monsieur le Bourgmestre, devraient nous alerter, tous. Les jeunes en question ne méritent pas la violence. Ils ont besoin d'autre chose : ils ont besoin d'aide. Il devient de plus en plus clair que la police agit de manière disproportionnée et que cette répression va croissante. Les images de la répression policière sur les marches de la Bourse sont parfois choquantes. En plus de cela, Monsieur le Bourgmestre, les marches de la Bourse sont ce qu’elles sont, à savoir un endroit où les gens vont réagir et s'exprimer pour des causes qui leur tiennent à cœur. Après les attentats aussi, c'était l'endroit où les gens se rassemblaient. Pour la Palestine, c'est l'endroit où les gens viennent protester contre un génocide, parce que génocide il y a. Est-ce que vous allez intervenir ? Est-ce que vous allez garantir le droit de manifester à Bruxelles ? Est-ce que vous allez exiger que la police de votre zone cesse les violences et les intimidations ? Parce que, comme vous le dites toujours, c'est vous, le responsable politique en la matière. M. le bourgmestre.- Le droit de manifester pacifiquement est un droit fondamental dans une société démocratique. C'est l'un des fondements de la liberté d'expression dans notre société. C'est le cas au quotidien dans notre Page 90 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 capitale, où nos forces de police gèrent plus de 1.200 manifestations chaque année, soit plus de trois par jour. Pour que les services de la zone de police puissent gérer un tel nombre d'actions revendicatives, il faut respecter certaines règles. Je rappelle à certains manifestants que le droit de manifester est garanti par la Constitution sous couvert d'une autorisation administrative. C'est le texte fondamental belge qui le dit. Il y a donc obligation d'introduire une demande de rassemblement. À la suite de cette demande, il y a toujours un dialogue entre la police et le demandeur pour organiser au mieux la manifestation. Le but est de trouver ensemble un endroit qui, à la fois, donne la visibilité souhaitée au demandeur et laisse l'espace public aussi disponible que possible pour les autres usagers de la ville. Depuis octobre 2023, nous avons enregistré, autorisé ou toléré 500 manifestations en faveur de la cause palestinienne ! Donc, avant de dire qu'on réprime les manifestations pour la cause palestinienne, expliquez-moi comment il y en a eu 500... Chaque jour, des rassemblements ont lieu à Bruxelles. La plupart, organisés à l'initiative d'organisations diverses, introduisent des demandes officielles auprès de la police, et cela se passe extrêmement bien. Le meilleur exemple en est l’Association belgo-palestinienne, qui a organisé huit manifestations avec des dizaines de milliers de personnes sans quasiment le moindre incident, preuve que c'est possible. Les organisateurs veillent rigoureusement à exclure les perturbateurs et les slogans haineux ou incitant à la violence. Je pense que ce n'est pas pour cela qu'on ne les entend pas. De même, tous les vendredis, entre 50 et 100 personnes manifestent dans le Page 91 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 calme sur la place de Brouckère, une manifestation qui est encadrée et pacifique. Nous avons aussi connu des manifestations spontanées que j'ai tolérées gare Centrale et place de l'Albertine, mais toujours dans un esprit de dialogue avec la police. En revanche, certains rassemblements à la Bourse posent davantage de problèmes. À plusieurs reprises, les organisateurs ont refusé d'entrer en dialogue avec la police, ce que nous regrettons. Des représentants de ce mouvement ont été invités par mon cabinet à discuter avec nous et la police afin de convenir ensemble d'un scénario acceptable pour tout le monde. C'est cela, gérer une ville. Après une première rencontre sans suite concrète, la seconde a été annulée par les représentants eux-mêmes, qui m’ont clairement exprimé par écrit leur refus de toute négociation. Contrairement aux autres rassemblements, ceux de la Bourse doivent compter avec la présence d’une organisation dont les slogans sont extrêmement problématiques. Je vais vous les faire écouter. (Le bourgmestre diffuse sur son téléphone portable quelques extraits sonores d’une manifestation) Si vous ne comprenez pas bien, ils crient : « Hamas, Djihad et Hezbollah ! » Je ne sais pas, Madame Maouane, si vous cautionnez le fait d’appeler au djihad devant la Bourse, espace de liberté. De tels slogans sont intolérables ! Ils sont d’ailleurs interdits. Je précise qu’ils ne sont pas scandés par les autres participants. Je ne voudrais pas que l’on stigmatise ceux qui manifestent pour une cause juste et réussissent à le faire sans créer d’incident. Je rappelle ce que le djihad a causé comme morts et comme blessés à Bruxelles. Page 92 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Ce samedi s’est déroulée la Pride, avec des centaines de milliers de personnes. Dès le vendredi, pendant le montage de la Pride à la Bourse, il y a eu des perturbations. On a invité les personnes à aller plutôt manifester sur la place de Brouckère. On était en plein le montage, il y avait des clarks, des camions et toutes sortes de choses pour la Pride. Le samedi, ce rassemblement a perturbé la scène musicale installée devant la Bourse dans le cadre de la Brussels Pride. Selon les propres dires du Rainbow Village (qui n'est pas la police de Bruxelles) cités par Bruzz, certains ont tenté de monter sur le podium et des projectiles, dont des bouteilles en verre, ont été jetés, blessant le DJ. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le responsable du Rainbow Village. Tant qu'ils le gèrent en interne, nous n'intervenons pas, et c'est à la demande des organisateurs que la police est intervenue face aux faits de violence perpétrés contre les organisateurs du Rainbow Village. On a procédé à six arrestations. Jo Fobelets, que je ne connais pas et qui est membre de Groen, a lui-même assisté à la scène. Il dénonce dans l'article des actes particulièrement violents, et cela, alors que des centaines de milliers de personnes se rassemblaient dans le centre-ville pour dénoncer les discriminations violentes encore subies par les personnes LGBTQIA+ dans notre pays et dans le monde. À un moment donné, donc, les organisateurs de la Pride ont subi des actes violents. Il n'y a aucun problème à ce que des drapeaux palestiniens flottent dans la Pride, mais quand on procède à des jets de bouteilles, qu'on envahit et qu'on s'en prend physiquement à des organisateurs, quand ces derniers nous demandent d'intervenir pour faire cesser les violences contre les organisateurs du Rainbow Village, on intervient. C'est le rôle de la police. On ne doit pas laisser les gens se faire casser la figure. Page 93 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Ces faits sont les derniers en date d'une longue série d'incidents perpétrés par ces manifestants, dont des altercations avec des touristes et des passants. J'ai répondu sur ce point à Mme Maouane il y a un mois. Nous avons recensé des bagarres entre différents groupes de manifestants de la cause palestinienne et des tentatives d'action contre des commerces avoisinants. Ces infractions ont donné lieu, c'est vrai, à des interventions de nos services et quand ceux-ci interviennent, il doivent dissoudre le rassemblement pour qu'il n'y ait plus d'incidents. Je le rappelle, c'est notre boulot d'encadrer ce rassemblement et de faire en sorte que les incidents cessent. Je vais être très clair : je défendrai toujours le droit de manifester, pour preuve les manifestations que nous autorisons, mais en même temps, je défendrai toujours, aussi, l'ordre public. Je n'accepterai pas qu'on prenne en otage l'espace public dans ma Ville. Ces personnes, mêmes si la cause qu’elles défendent est légitime, n’ont pas le droit de s'en prendre à l'intégrité physique d'autres ou de chanter des slogans qui ont tué des dizaines de personnes en Belgique. C'est absolument inacceptable. Ces gens doivent comprendre que nous devons gérer une ville et qu'ils ne doivent pas prendre le centre-ville en otage. Je le répète, beaucoup de manifestations se déroulent à la Bourse au lieu de la gare Centrale. Nous avons proposé des alternatives. Entendre dire : « Si je ne peux pas manifester là, je ne demande pas l'autorisation, je ne rentre pas en dialogue avec les autorités, je fais ce que je veux où je veux et j'agresse les gens, même pendant la Pride », cela, je ne l'accepterai jamais. Mme Maouane.- Merci, Monsieur le Bourgmestre pour vos réponses. Effectivement, 1.200 manifestations par an, ce n'est pas évident à gérer et je Page 94 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 remercie toutes les forces de l’ordre pour leur travail. Je perçois bien votre malaise et je vois bien ce que vous essayez de faire, à savoir m’attribuer des propos que je n'ai pas tenus. La violence est condamnable et il n'y a aucune ambiguïté là-dessus, je n'ai jamais dit le contraire. Je vous ai entendu vous tortiller, mais je ne vous ai pas entendu répondre. Sur quelle base légale interdisez-vous l'accès aux escaliers de la Bourse ? Sur quelle base légale continuez-vous à utiliser la technique de la nasse qui a été interdite et pour laquelle vous avez été condamné ? Ce ne sont pas des réponses, Monsieur le Bourgmestre. Alors que le drapeau de la Palestine flotte sur siège du Parti socialiste, vous ne répondez pas à mes questions et vous continuez à censurer des manifestants qui militent, qui dénoncent un génocide en cours. Je n'ai toujours pas reçu de réponse à mes questions et je les repose : sur quelle base légale interdisez-vous l'accès aux escaliers de la Bourse et pourquoi la technique de la nasse, qui est illégale, continue-t-elle d’être utilisée ? Ce que je dénonce aujourd'hui, Monsieur le Bourgmestre, c'est la violence avec laquelle vos forces de l'ordre attaquent des manifestants pacifiques. M. le bourgmestre.- Dénoncez-vous l'appel au djihad ? M. Maimouni.- Monsieur le Bourgmestre, vous commettez une énorme erreur. Un djihad est un effort, et non un attentat terroriste. Le djihad est un effort. Je ne peux pas tolérer de me laisser insulter en tant que musulman ! Le djihad est un effort et rien d'autre. Ne faites pas d'amalgame, s'il vous plaît. Je vous invite à vérifier vos informations. Page 95 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Mme Maouane.- Monsieur le Bourgmestre, il n'y a aucune ambiguïté. Je vous le dis en vous regardant dans les yeux, en regardant tout le monde dans les yeux : je dénonce la violence et les appels à la haine, quels qu'ils soient. N'essayez pas de me faire dire ce que je n'ai jamais dit et ce que je ne dirai jamais. C'est inacceptable et c'est un jeu auquel la droite m'a habituée, mais pas vous ! Je pose à nouveaux mes questions : Sur quelle base légale interdisez-vous l'accès aux escaliers de la Bourse ? Sur quelle base légale continuez-vous à autoriser la technique de la nasse qui est interdite ? Pourquoi essayez-vous de me faire dire ce que je n'ai jamais dit ? Voilà les vraies questions auxquelles vous n'avez pas répondu. Je comprends votre malaise, Monsieur le Bourgmestre. Je le comprends totalement. Ce que je dénonce, ce sont les violences que subissent des manifestants pacifiques. Quant aux débordements, bien sûr que je les condamne ! Il n'y a aucun doute là-dessus. Laisser croire le contraire, c'est inacceptable et c'est mesquin. M. le bourgmestre.- Vous utilisez le terme « pacifique ». Or je vous ai cité ce que des militants de la Pride ont dit quant aux agressions physiques qu'ils ont subies. Mme Maouane.- Vous n'avez pas répondu à mes questions, Monsieur le Bourgmestre. M. le bourgmestre.- Je vais répondre, mais jeter une bouteille en verre sur un DJ, je ne pense pas que ce soit pacifique. Page 96 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Je le répète, j’ai demandé à la police de n'intervenir qu’à la demande des organisateurs. Ce qui a été le cas, comme le relate l’article d’un journal qui n'est pas la Pravda de la Ville de Bruxelles, mais Bruzz. Mme Maouane.- Mes questions ne portaient pas uniquement sur le 17 mai, mais aussi sur les autres événements. Sur la technique de la nasse, vous n'avez toujours pas répondu, Monsieur le Bourgmestre, alors que vous avez été condamné. M. le bourgmestre.- Les escaliers de la Bourse ne sont pas interdits. Il n'y a pas besoin d'interdire, puisqu'ils ne demandent pas d’autorisation. Est-ce que vous trouvez normal que ce groupe considère qu'il est au-dessus de la Constitution et qu'il n'a pas à demander d'autorisation ? Et cela, contrairement à tous ceux qui militent avec justesse et force aussi pour la cause palestinienne, respectent la Constitution belge et l'état de droit, et demandent l’autorisation de manifester. Ces personnes considèrent qu'elles n'ont pas à le demander et, donc, je n'ai même pas à l’interdire. Si elles ne demandent pas à venir manifester, la manifestation n'est pas autorisée, c'est aussi simple que cela. Mme Maouane.- Vous nous dites qu'une non-autorisation justifie une intervention violente de la police ? Vous dites que ce n'est pas interdit. Ils n'ont de facto pas accès aux escaliers de la Bourse. M. Bauwens.- On a déjà interpellé le Collège sur ce point il y a un mois. La question porte cette fois sur ce que j'appelle la répression disproportionnée sur les escaliers de la Bourse. Vous dites vous-même, Monsieur le Bourgmestre, qu'il y a beaucoup de manifestations, beaucoup d'événements qui ne sont pas demandés et qui sont quand même tolérés. Ici, ce qu'on constate, c'est que la Page 97 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 tolérance s'est arrêtée à un certain moment. On peut dire que c'est une affaire compliquée, mais c'est aussi dans les affaires compliquées qu'on voit les comportements et les choix qui sont opérés. En l’espèce, je constate, et je ne suis pas le seul, que vous atteignez les limites de la démocratie. Un jeune s’est presque fait étrangler parce qu'il était sur les marches de la Bourse et applaudissait ce qu'il était en train de voir, sans même y participer. Il y a des dizaines de témoignages. Focaliser le débat sur la Pride est une mauvaise technique. On parle de dizaines de cas. Je n'ai jamais été tant interpellé que cette année sur cette question. D'un côté, il y a un génocide, une situation qu'on n'a jamais connue, qui suscite beaucoup d'émotion et dans laquelle les gens sont désespérés. De l'autre côté, il y a la manière de gérer cela. Le PTB a toujours condamné la violence. La question est de savoir comment une Ville respecte les droits démocratiques quand ils sont sous pression. En l’espèce, on a assez de témoignages pour dire que les limites ont été dépassées. Technique de la nasse, gaz lacrymogènes, violences verbales et physiques, répression, tout cela va trop loin. C'est cela que nous dénonçons et c’est là que se situe le débat. M. le bourgmestre.- Monsieur Bauwens, on peut se retrouver là-dessus. Ce groupe n'est pas très construit en termes d'organisation. J’ai dit à ses représentants : « Venez, parlez avec nous. Trouvons une solution comme on l'a trouvée pour le Mont des Arts, la gare Centrale ou le rond-point de l'Europe pendant des mois. » La situation se crispe. Je ne suis pas aveugle. Il est clair que la situation internationale, en particulier à Gaza et dans toute la Palestine, contribue à cela. Page 98 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Je pense toutefois qu'il y a moyen d'établir un dialogue, et je regrette qu'il ne se fasse pas. En même temps, je n'accepterai pas qu'on prenne en otage l'espace public, qu'on agresse des gens. Je n'ai jamais dit qu’Ecolo et le PTB incitaient à la violence. J'ai dit qu'on avait affaire à un groupe qui refusait le dialogue alors que les autres l'acceptent. Quand on manifeste, c’est toujours dans une certaine radicalité, mais on doit pouvoir trouver un équilibre qui fasse que des gens ne se retrouvent pas agressés. J'ai cité ce groupe parce qu'on m'a interpellé sur le 17 mai. J'aurais pu vous parler des touristes qui se sont fait agresser et pour lesquels, à un moment donné, on a dû intervenir. Je pense qu'il y a moyen de trouver un dialogue, une place pour toutes les manifestations. Je peux comprendre que des manifestants disent qu’ils n’ont rien à voir avec l'ABP. On a le droit, même en défendant la même cause, d'avoir des sensibilités différentes. Monsieur Bauwens et Madame Maouane, ce sont les seuls qui refusent de discuter avec la police. Tout le monde se met, à un moment donné, à table pour essayer de trouver un itinéraire, des dates, des moments. Comprenez, en plein montage d’une manifestation comme la Pride, que c’est un peu compliqué. Il faut aussi se mettre un peu du côté des autorités administratives. On doit pouvoir gérer cette ville. Et ce n'est pas pour autant qu'il faut tenter de savoir qui est le meilleur défenseur de la cause. Dans cette cause, je pense qu'on a intérêt à être unis pour qu'un cessez-le-feu soit au plus vite instauré. Mme Maouane.- Je vous remercie pour ces compléments de réponse et je vous encourage vraiment à établir le dialogue. Je sais que ce n'est pas évident d'engager un dialogue. Page 99 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 Par contre, ce que je n'accepte pas, c'est que, quand vous parlez des cris du Hamas, du Hezbollah et du djihad, vous n'interpellez pas M. Bauwens, vous m'interpellez moi. Pourquoi ? Parce que je m'appelle Maouane ? Parce que j'ai une prétendue religion ? Parce que j'ai des origines ? M. le bourgmestre.- Mme Maouane, vous n'allez pas m'avoir sur le combat contre le racisme. C’est lamentable. Mme Maouane.- Vous m'avez citée nommément quand vous avez parlé des chants du djihad, du Hamas et du Hezbollah. Pour quelle raison, Monsieur le Bourgmestre ? M. le bourgmestre.- Franchement, me faire ce procès à 54 ans, ce n'est pas digne de vous. Je préfère oublier que vous avez dit cela. Mme Maouane.- Je vous retourne le compliment, Monsieur le Bourgmestre. C'est ce que vous avez fait. Je vous invite à regarder les images. C'est ce que vous avez fait et c'est pour cela que je l'ai extrêmement mal pris. M. Maimouni.- Monsieur le Président, est-ce que vous permettez que je rebondisse en toute sérénité sur une énorme erreur du bourgmestre ? M. le président.- Non. Deux personnes intervenaient dans le débat. On ne peut pas ouvrir le débat à l’ensemble du Conseil. Je suis désolé, mais c'est ainsi que cela fonctionne ici. M. Maimouni.- Je ne peux pas accepter l'amalgame que le bourgmestre fait sur le djihad. Page 100 sur 100 - Conseil communal du/Gemeenteraad van 19/05/2025 M. le président.- Vous êtes intervenu sur ce point. (Avec l’accord des auteurs ou sur leur proposition, les questions inscrites à l’ordre du jour de cette séance qui n’ont pas été traitées sont reportées ou transformées en questions écrites) Prochaines séances Vendredi 30 mai juin 2025 à 14h : sections ordinaires. Lundi 2 juin 2025 à 17h : séance publique suivie d’un comité secret. M. le président.- La séance publique est levée.